mardi 30 juin 2015

Oublier la moitié de l'humanité ? Mauvaise idée

Et si on avait enfin une explication au fait que la fibromyalgie "préférait" les femmes ? Et si cette découverte de "nouveaux" mécanismes de la douleur pouvait ouvrir de nouveaux horizons de recherche ? 



 Je vous cite in extenso un article publié à l'origine sur un site universitaire: qui nous démontre que ça n'est jamais une bonne chose d'oublier dans ses recherches une bonne moitié de l'humanité.

Une nouvelle étude dont les résultats ont été publiés le 29 juin dans la revue scientifique Nature Neuroscience révèle pour la première fois que des cellules différentes interviennent dans les mécanismes de la douleur chez les souris mâles et femelles.
Cette découverte a une incidence considérable sur notre compréhension fondamentale de la douleur, sur la mise au point de la prochaine génération de médicaments pour le traitement de la douleur chronique – qui est de loin le problème de santé le plus courant chez les humains – et sur les méthodes utilisées dans le domaine de la recherche biomédicale fondamentale chez la souris.
« La recherche a démontré que les hommes et les femmes ont une sensibilité à la douleur différente et que plus de femmes que d’hommes souffrent de douleur chronique. Cependant, on a toujours présumé que les circuits de la douleur sont les mêmes chez les deux sexes », affirme le coauteur en chef de l’étude Jeffrey Mogil, Ph. D., titulaire de la chaire E. P. Taylor d’études sur la douleur à l’Université McGill et directeur du Centre de recherche sur la douleur Alan Edwards. « Le constat selon lequel les bases biologiques de la douleur pourraient être si fondamentalement différentes entre les hommes et les femmes soulève des questions importantes sur les plans de la recherche et de l’éthique si nous voulons diminuer les souffrances. »
Cette étude a été réalisée par des équipes de l’Université McGill, de l’Hospital for Sick Children (SickKids) et de l’Université Duke. Elle portait sur la théorie admise depuis longtemps selon laquelle la douleur est transmise dans le système nerveux à partir du siège de la lésion ou de l’inflammation à l’aide de cellules du système immunitaire appelées microglies. Cette nouvelle étude révèle que cette théorie n’est vérifiée que chez les souris mâles. En effet, diverses perturbations du fonctionnement des microglies ont permis de bloquer la douleur chez les souris mâles, mais n’ont eu aucune incidence chez les souris femelles.

Des médicaments antidouleur mieux adaptés

 


Selon les chercheurs, un type complètement différent de cellules immunitaires, les lymphocytes T, semble déclencher les signaux de la douleur chez les souris femelles. On ignore toutefois comment cela se produit exactement.
« Il est absolument essentiel de comprendre les voies de la douleur et les différences entre les sexes alors que nous en sommes à concevoir la prochaine génération d’analgésiques plus complexes et mieux ciblés », affirme Michael Salter, M.D., Ph. D., scientifique chevronné et chef du Service de neurosciences et de santé mentale du SickKids, professeur à l’Université de Toronto et coauteur en chef de l’étude. « Nous croyons que le système nerveux des souris est très semblable à celui des humains, particulièrement pour une fonction évolutionnaire fondamentale comme la douleur. Par conséquent, ces résultats nous indiquent que nous devons tenir compte de facteurs importants dans la mise au point de médicaments contre la douleur chez l’humain ».

Ne pas oublier les souris femelles

 

Cette découverte survient au moment où les scientifiques accordent une plus grande attention à l’inclusion d’animaux et de cellules femelles dans les études précliniques. Les Instituts nationaux de la santé des États-Unis ont récemment dévoilé une nouvelle politique, semblable à celle qui est déjà en vigueur au Canada, pour exiger le recours à des animaux et à des lignées cellulaires femelles dans les études précliniques.
« Pendant les 15 dernières années, les scientifiques croyaient que les microglies contrôlaient l’intensité de la douleur, mais cette conclusion était fondée sur des études qui utilisaient presque exclusivement des souris mâles », explique le professeur Mogil. « Notre découverte est l’exemple parfait illustrant les raisons pour lesquelles cette politique, ainsi que des études très soigneusement conçues, sont essentielles pour que les bienfaits de la science fondamentale profitent à tous ».
Ces travaux ont été financés par des subventions des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation Louise et Alan Edwards, des Instituts nationaux de la santé des États-Unis, et de la Fondation SickKids.
-----------
L’article intitulé « Different immune cells mediate mechanical pain hypersensitivity in male and female mice », par Robert E. Sorge et coll., a été publié en ligne avant la version imprimée sur le site Web de la revue scientifique Nature Neuroscience le 29 juin 2015. DOI : 10.1038/nn.4053

Même les stars sont prises pour des quiches

Même une star millionnaire peut être prise pour une simulatrice.

Personne n'est à l'abri face aux incompétences et autres inhumanités du  corps médical, pas même une star comme Avril Lavigne.
Ok ce n'est pas la fibro, c'est la maladie de lyme, mais l'errance médicale* et les symptômes sont si semblables....
*Au passage on apprend que les médecins américains font des diagnostiques par ordinateur... ça donne envie de vomir.

Invitée dans l’émission de télévision américaine Good Morning America, la chanteuse canadienne a fondu en larmes. Avril Lavigne évoquait son combat contre la maladie de Lyme, une infection bactérienne, et son état de détresse l’an dernier. Elle avait passé cinq mois au lit et enchaîné les rendez-vous médicaux. « Les meilleurs spécialistes me montraient leur ordinateur et disaient 'Fatigue chronique' ou 'Pourquoi vous n’essayez pas de sortir du lit et de jouer du piano, Avril ?' ou encore 'Est-ce que vous êtes déprimée ?' C’est ce qui se passe avec beaucoup de gens qui sont atteints de cette maladie : ils n’ont pas de réponse à leur fournir et ils leur disent qu’ils sont fous », a-t-elle déploré. Finalement, le diagnostic a pu être établi après de nombreux mois.



Personnellement  je trouve qu'elle surjoue un peu....


Et un petit flashback, en mode souvenir de mes 20 ans (ou quasi).

samedi 13 juin 2015

preuve d'un lien système immunitaire et cerveau

La revue Nature nous annonce une découverte sensationnelle: un lien direct entre système immunitaire et cerveau.


Voilà qui relance la recherche et brouille encore une fois les pistes et les frontières entre les troubles psychosomatiques et les ennuis physiques.

je sais pas vous mais moi je suis excité comme une puce:



Evidemment, c'est tout en anglais. En gros, on sait maintenant que le cerveau, via les méninges, gère les "chemins" empruntés par les lymphocytes un peu comme un gendarme gère la circulation à un carrefour. La possibilité donc d'un cerveau "mauvais gestionnaire" et générateur de pathologies est à prendre au sérieux.
Paralèllement, des pathogènes pourraient utiliser le système immunitaire pour accéder au cerveau et au système nerveux (et là c'est moins cool quoi que tout aussi intéressant). C'est le cas dans certaines maladies repérées chez des animaux comme la souris ou la fourmi.

Et voilà de nouvelles pistes lancées pour lutter contre l'autisme, la fibro, la sclérose en  plaque, etc.

ordre du prefet: on arrête tous les globules blancs qui téléphonent au volant

On va pouvoir parler de neuro-immunité ou de neuro-inflammation. C'est pas rien. J'imagine par contre que les bénéfices et découvertes de traitements ne vont pas arriver de suite car les mécanismes sont certe répérés, mais pas du tout compris.... Il ne reste plus à ce que les neurologues et les immunologues acceptent de travailler ensemble au lieu de s'ignorer royalement.

Un pas reste un pas.

Edit au 15/06/2015: article un peu traduit et un peu commenté sur slate.fr :

http://www.slate.fr/story/102975/cerveau-systeme-immunitaire-neurologie

jeudi 11 juin 2015

douleur et dsm-5

"Tout le monde vit des difficultés. Certaines personnes sont seulement meilleures pour le cacher que les autres*. » 

*edit au 12/06/2015 suite à une erreur d'interprétation

Ci dessous un article du JIM que je cite in extenso pour ceux qui ne sont pas inscrits à ce journal de médecine (sinon l'inscription est gratuite). En rouge, le passage que je pense être majeur dans l'article.

En gros: un grand professeur s'interroge sur le fait que les douleurs chroniques ou persistantes soient intégrées au DSM.


Le Professeur Joel Katz (exerçant à l’Université York de Toronto, au Canada) consacre un article au problème de la douleur chronique ou persistante qui ne paraît pas avoir de justification d’ordre adaptatif, contrairement à la douleur aiguë dont la finalité semble à l’évidence de prévenir le sujet d’une menace immédiate (brûlure, blessure, fracture…) ou d’une situation perturbée (maladie).
Cette présentation est faite dans la perspective du DSM-5 qui reconnaît ce problème sous le nom de « trouble somatoforme » ou « trouble à symptomatologie somatique » (Somatic Symptom Disorder, SSD). Cette affection est caractérisée par des symptômes d’ordre somatique (douleur, gêne fonctionnelle…) très pénibles, voire invalidants, une fixation psychique sur ce sujet (« pensées excessives et disproportionnées, sentiments et comportements à l’égard de ces symptômes »), et une persistance de ces troubles pendant « au moins six mois. » On admet que cette douleur chronique « ne répond pas aux traitements » antalgiques classiques et se prolonge au-delà des délais habituels de guérison d’une maladie susceptible de l’avoir suscitée. C’est une douleur « sans origine anatomique ou neurophysiologique apparente » que d’autres psychiatres (avant l’ère du DSM triomphant !) auraient pu étiqueter « hystériforme » ou « psychopathologique. »
On doit toutefois émettre une réserve sur la certitude absolue que ce type de douleur n’aurait aucun substrat physiologique. D’une part, même en récusant les conceptions psychanalytiques sur la somatisation analogue à un « langage du corps » (ou/et de l’inconscient), il est difficile d’imaginer un effet sans cause génératrice. D’autre part, on estime désormais que « de nombreuses douleurs médicalement inexpliquées impliquent une interaction entre les mécanismes neurophysiologiques périphériques et centraux devenus déficients. » En somme, cette douleur chronique aurait aussi une valeur d’alerte, bien que moins patente que dans le cas des douleurs aiguës.
Paradoxalement, alors que le DSM-5 se détache ici du discours analytique de manière abyssale, le Pr. Katz lui reproche toutefois de « surpsychologiser » (overpsychologize) les patients se plaignant de telles douleurs au longs cours. De plus, « la sensibilité et la spécificité » du DSM-5 lui paraissent « faibles » à ce propos, d’où le risque de « diagnostic erroné et de stigmates nuisibles. » Cette question est d’autant plus importante que la douleur est sans doute l’une des choses les mieux partagées chez les humains, comme le suggère l’acteur et chanteur américain Will Smith : « Ne sous-estime jamais la douleur d’une personne. Tout le monde vit des difficultés. Certaines personnes sont seulement meilleures pour le cacher que les autres. »
Dr Alain Cohen


Référence
Katz J et coll. : Chronic Pain, Psychopathology, and DSM-5 Somatic Symptom Disorder. Can J Psychiatry, 2015; 60: 160–167.

mercredi 10 juin 2015

L'enquête de fibromyalgie sos, où qu'elle est ?

Dans leur blog tout neuf, Fibromyalgie sos donne enfin des informations un peu  plus détaillées à ceux qui commençaient à s'impatienter de l'absence de retours "sérieux".

Il nous faudra donc attendre les résultats promis pour le 25 avril. Il s'agit en fait de laisser à un certain nombre de chercheurs, qui ont utilisé la base de données ainsi créée (4535 participants tout de même!), la primeur de certaines publications.

Si c'est le prix à payer pour une analyse de qualité et une avancée de la cause fibro, alors patientons un peu. On nous parle de résultats pour l'automne.

Edit au 17/11/2015: Fibromyalgie SOS nous promet une publication de son enquête pour décembre ! Enfin. 
Et ce qui est très très bien c'est que ça va se faire à une journée sur les pathologies rhumatismales et pas psychiatriques....
 
Rdv fin 2015.













Des chercheurs développent l'analgésique du futur

 Des chercheurs développent l'analgésique du futur


Et ça  n'est pas un projet européen....encore moins français

Dommage et bravo le Canada et le Québec, puisque c'est chez eux que l'on trouvera sans doute l'analgésique du futur (en tous cas ils s'en donnent les moyens).


http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/sherbrooke/archives/2015/06/20150609-175925.html




tabernacle !