samedi 30 août 2014

On va dire que je fais de la propagande à force, c'est faux mais je suis tombé par hasard sur cet écrit du début du siècle dernier et je me suis dit que comme le dit le proverbe: "plus ça change plus c'est la même chose".



Monsieur le législateur,

Monsieur le législateur de la loi de 1916, agrémentée du décret de juillet 1917 sur les stupéfiants, tu es un con.

Ta loi ne sert qu'à embêter la pharmacie mondiale sans profit pour l'étiage toxicomanique de la nation parce que :

1° Le nombre des toxicomanes qui s'approvisionnent chez le pharmacien est infime;

2° Les vrais toxicomanes ne s'approvisionnent pas chez le pharmacien;

3° Les toxicomanes qui s'approvisionnent chez le pharmacien sont tous des malades;

4° Le nombre des toxicomanes malades est infime par rapport à celui des toxicomanes voluptueux;

5° Les restrictions pharmaceutiques de la drogue ne gêneront jamais les toxicomanes voluptueux et organisés;

6° Il y aura toujours des fraudeurs;

7° Il y aura toujours des toxicomanes par vice de forme, par passion;

8° Les toxicomanes malades ont sur la société un droit imprescriptible, qui est celui qu'on leur foute la paix.

C'est avant tout une question de conscience.

La loi sur les stupéfiants met entre les mains de l'inspecteur-usurpateur de la santé publique le droit de disposer de la douleur des hommes: c'est une prétention singulière de la médecine moderne que de vouloir dicter ses devoirs à la conscience de chacun.

Tous les bêlements de la charte officielle sont sans pouvoir d'action contre ce fait de conscience: à savoir, que, plus encore que la mort, je suis le maître de ma douleur. Tout homme est juge, et juge exclusif, de la quantité de douleur physique, ou encore de la vacuité mentale qu'il peut honnêtement supporter.

Lucidité ou non lucidité, il y a une lucidité que nulle maladie ne m'enlèvera jamais, c'est celle qui me dicte le sentiment de ma vie physique. Et si j'ai perdu ma lucidité, la médecine n'a qu'une chose à faire, c'est de me donner les substances qui me permettent de recouvrer l'usage de cette lucidité.

Messieurs les dictateurs de l'école pharmaceutique de France, vous êtes des cuistres rognés: il y a une chose que vous devriez mieux mesurer; c'est que l'opium est cette imprescriptible et impérieuse substance qui permet de rentrer dans la vie de leur âme à ceux qui ont eu le malheur de l'avoir perdue.

Il y a un mal contre lequel l'opium est souverain et ce mal s'appelle l'Angoisse, dans sa forme mentale, médicale, physiologique, logique ou pharmaceutique, comme vous voudrez.

L'Angoisse qui fait les fous.

L'Angoisse qui fait les suicidés.

L'Angoisse qui fait les damnés.

L'Angoisse que la médecine ne connaît pas.

L'Angoisse que votre docteur n'entend pas.

L'Angoisse qui lèse la vie.

L'Angoisse qui pince la corde ombilicale de la vie.

Par votre loi inique vous mettez entre les mains de gens en qui je n'ai aucune espèce de confiance, cons en médecine, pharmaciens en fumier, juges en mal-façon, docteurs, sages-femmes, inspecteurs-doctoraux, le droit le disposer de mon angoisse, d'une angoisse en moi aussi fine que les aiguilles de toutes les boussoles de l'enfer.

Tremblements du corps ou de l'âme, il n'existe pas de sismographe humain qui permette à qui me regarde d'arriver à une évaluation de ma douleur précise, de celle, foudroyante, de mon esprit!

Toute la science hasardeuse des hommes n'est pas supérieure à la connaissance immédiate que je puis avoir de mon être. Je suis seul juge de ce qui est en moi.

Rentrez dans vos greniers, médicales punaises, et toi aussi, Monsieur le Legislateur Moutonnier, ce n'est pas par amour des hommes que tu délires, c'est par tradition d'imbécillité. Ton ignorance de ce que c'est qu'un homme n'a d'égale que ta sottise à la limiter.

Je te souhaite que ta loi retombe sur ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, et toute ta postérité. Et maintenant avale ta loi.

Antonin Artaud

[in L'ombilic des Limbes (1925). NRF, Poésie/Gallimard, 1993]

jeudi 28 août 2014

Cannabis anti-overdose

Une étude américaine laisse penser que la légalisation du cannabis médical permettrait de réduire les abus et les overdoses de médicaments anti-douleurs.


Ce que certains nommeraient un paradoxe.

L'étude est ici.


http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1898878

Bon, pour commencer, c'est une étude américaine, sur le sol américain, dont avec un cadre social et légal différent.
Et surtout, on parle des overdoses d'anti-douleurs à bases d'opioïdes.

Par ailleurs, l'étude fait une corrélation entre légalisation et baisse des overdoses, mais ne l'explique pas. Normal: cela relève d'autres spécialistes, on les attend avec impatience.
De plus, il est prouvé que le cannabis améliore les effets des opioïdes "normaux" ce qui n'est pas inintéressant non plus.

Au final un résultat impressionnant tout de même: baisse des overdoses de 33% !



mercredi 27 août 2014

Expressions dolosives


Les gens qui acceptent de se faire mal gratos, pour le "fun" ou par ennui, je l'avoue sans honte mais ça me fait toujours bien marrer en première réaction.

Ensuite, je n'oublie pas que pour eux, ça ne durera pas, contrairement à moi, et surtout que bien des gens souffrent et meurent de torture ou de mauvais traitements tous les jours (rien que les femmes battues en France...).

Torturez un homme et il vous racontera n'importe quoi.
Bon, alors quand un photographe a pour projet d'immortaliser la douleur physique sur pellicule et au final en fait aussi un film.... et bien je rigole même pas.

L'idée de cet "artiste", c'est de filmer les réactions de personnes se prenant un tir de Taser*. Je leur dirais bien d'aller à Fergusson moi: y a pas que le taser dans la vie y aussi les grenades lacrymogènes, les coups de matraques, les balles, etc.

*300000 Volts.




et ci dessous la version longue qui bizarrement me gêne (un peu) moins car elle contient des vrais sourires et donne plus l'impression que tout ça n'est qu'un jeu, aussi débile soit-il.




Et sinon question jeux à la con, je préfère que ma fille garde ses barbies encore un peu : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/video-une-petite-fille-de-9-ans-tue-son-professeur-de-tir-aux-etats-unis_1570980.html


mardi 26 août 2014

Mauvais timing ? No pasaran quand même !

Président de l’association Fibromyalgies.fr, Bruno Delferrière veut apostropher François Hollande.

Je le cite:

"la fibromyalgie, une maladie invalidante qui se caractérise par des douleurs diffuses dans tout le corps, une grande fatigue et des troubles du sommeil, doit être reconnue en France et prise en charge".

" J’épluche le rapport de la Haute autorité de santé de 2010, où le sujet est évoqué en 70 pages. Pour résumer, il y est dit que ce n’est pas une maladie, qu’on ne peut la reconnaître, et qu’on va soigner les douleurs. Bref, il n’y a rien dans ce rapport. Je souhaite qu’il soit modifié. Je vais donc interpeller le président et le ministère de la santé dans les mois prochains".

 "ça coûterait un fric fou si on s’occupait de ces malades ! Il faut savoir que ces personnes sont dans une grande détresse sociale (handicapée dans leur vie de tous les jours), financière… Elles se retrouvent souvent isolées et deviennent des zombis, assommées par les médicaments  ».

 ******

Bruno Delférrière a déjà organisé des actions (comme on dit) mais bien évidemment, deux écueils de taille s'opposent à une manifestation réussie en faveur de la cause fibromyalgique:


  •  La communication (définir le message et le diffuser au plus large).
  • La fibromyalgie (ben oui faire bouger à Paris des malades de la fib depuis la france entière, sur toute une journée, surtout si le temps est mauvais, c'est un défi).
Je soutiens autant que possible toute action visant à nous rendre visibles, et qui améliorerait notre prise en charge globale (santé, emploi, vie quotidienne). On verra ce qu'on peut faire depuis l'oise (et internet). Je suis convaincu qu'il y a de quoi mobiliser les réseaux existants.

Etrangement je n'ai pas trouvé cette info sur le site de Fibromyalgies.fr (en passant j'aime bien l'idée d'avoir mis ce mot au pluriel).

Ce qui m'amuse c'est que vu l'actualité politique, je ne nous sens pas super prioritaires pour François Hollande, mais alors pas du tout. Après, en matière de politique, faut savoir patienter, mais ne pas lâcher. 
Pour contacter Bruno Delferrière, composer le 0680108285. 
Son site : http://fibromyalgies.fr.










Edit du 2 septembre 2014: l'association entend bien rencontrer la Ministre de la Santé le 12 mai 2015 et l'info est apparue sur le site.

samedi 23 août 2014

Marika et le bonheur retrouvé

La médecine des douleurs chroniques (...) c'est du sur mesure. 

D Baron, 2008.


Résumé du livre : Marika et le bonheur retrouvé

Ce livre, écrit par un rhumatologue de renom, présente un concept novateur et une approche originale d'une pathologie méconnue. Il y a plus de deux millions de fibromyalgiques en France. Nombre d'entre eux ignorent le nom de ce mal dont ils souffrent, qui touche plus particulièrement les femmes. Le docteur Baron propose une première partie sous forme de fiction, permettant de suivre les étapes de ce mal chez Marika, une patiente comme il en a soigné des centaines dans ses consultations. Le point de départ de cette affection, l'invisible souffrance, l'incrédulité des proches, le doute, la quête, les consultations et enfin le renouveau, ces phases sont revécues à travers la vie de Marika, archétype de la fibromyalgique. Après la fiction, le docteur Baron nous livre une synthèse de l'état de Marika et son évolution, dans laquelle de nombreux fibromyalgiques se reconnaîtront. Un véritable cours médical est présenté en langage compréhensible par tous, abordant les signes, le diagnostic ou la prise en charge thérapeutique des patients souffrant de fibromyalgie. L'imagination et l'expérience du praticien se trouvent ici au service des malades, de leurs proches et des médecins. Une voie subtile de guérison est proposée, qui a besoin des mots pour délivrer les maux.

Date de parution: 03/08/2006
Editeur: Editions Yago
EAN: 9782916209104



Merci à Myosotis pour m'avoir guidé vers ce livre.


L'idée qui sous-tend cet ouvrage est que le Dr Baron a remarqué une similitude étonnante entre les malades de la Fib. De ce constat, il tisse ses propositions de soins, qu'il met en oeuvre sur son lieu de travail (avec semble t'il de bons résultats).

NB: Comme souvent, ce livre est totalement indisponible, que ce soit la FNAC, price minister, etc. On trouvera un exemplaire sur Ebay, à 45€ (gloubs). Evidemment, la manque d'offre légale peut être ici compensée par l'offre "pirate".
Je vais donc pouvoir lire cet ouvrage en version numérique, faute de version papier accessible. J'en ferai une critique après lecture.

mardi 19 août 2014

Trois fois trente minutes par semaine, c'est jouable

Pour le Figaro, faire du sport augmente la tolérance à la douleur.

Cliquer pour obtenir l'article.


On parle ici d'une étude faite sur un petit public et en même temps, les résultats ne sont pas bien surprenants. Qui ne s'est pas fait seriner par son médecin qu'il fallait faire du sport ? Difficile de leur donner tort tant une activité régulière est bonne pour le poids, le coeur, l'espérance de vie, etc.

Rien que socialement le sport ça peut être bon (je ne parle pas des soirées bières devant une bande de 22 millionnaires en short qui courent après un ballon).

Par contre, j'ai toujours pensé que le sport (modéré) était bon pour le corps car il permettait de remobiliser des articulations que la personne malade préférait jusqu'alors protéger (en tous cas le croyait elle).
Une personne inactive ajouterait à sa pathologie des douleurs inutiles en voulant justement s'en prémunir.

C'est vrai j'imagine, mais ce texte pointe sur un autre aspect que la seule re-mobilisation.

Ce qui est développé ici, et qui n'est pas contradictoire, c'est que l'activité sportive permettrait aussi au cerveau de se désensibiliser en quelque sorte. Et le texte de faire une différence entre un seuil de la douleur "naissante" et un seuil de douleur insupportable. Le sport agirait sur ces deux seuils  en les relevant et ce de façon durable.

Reste à voir si cette étude est valide pour la fibromyalgie, mais je pense que oui. Ceci étant dit, et comme le rappelle le Figaro: "Recommander du sport, en douceur, à des gens qui souffrent pour réduire leurs douleurs peut paraître paradoxal, mais les résultats sont là". C'est souvent là que ça achoppe. Les médecins ne sont pas toujours très psychologues et confondent ce qui est bon pour nous avec ce que nous sommes capables de faire ou d'accepter au moment de cette prescription. Il faut parfois un long temps de rémission et de kinésithérapie pour pouvoir se relancer timidement dans une quelconque activité.

Et si l'idéal était de cumuler la rééducation en terminant* le sport par de la sophrologie ?

*ou en commençant ?

vendredi 8 août 2014

ça rassure pas des masses, mais on s'en fiche

Un article commis par psychomedia vient de sortir.

Trop court mais déjà intéressant, le texte relate les répercussions cognitives de la Fib.

Rien que l'on ne savait déjà en notre fort intérieur:
  • la capacité de déplacer l'attention entre différentes tâches selon les besoins;
  • la capacité d'inhiber des réponses automatiques ou routinières au besoin;
  • la capacité de remplacer des informations obsolètes par de nouvelles plus pertinentes;
  • la capacité d'accéder à la mémoire à long terme, laquelle est nécessaire pour la fluidité verbale.
Autrement dit 4 fonctions essentielles et dites exécutives, soit touchant la capacité à s'adapter et à transformer des apprentissages en réflexes. Ces fonctions incluent l'anticipation, la sélection d'un but, la planification, l'organisation d'une démarche, l'évaluation des résultats… Elles permettent la régulation des comportements, les prises de décision, la résolution de problèmes… L'apprentissage quoi (mais pas que).

On aimerait en savoir plus mais comme toujours l'étude originale est en anglais (et je n'ai pas réussi à la trouver en version originale).

A noter aussi une information qui n'est pas à négliger: les américains considèrent les troubles cognitifs comme faisant partie intégrante des éléments diagnostiques de la maladie.

Bon du coup j'espère ne pas avoir fait trop long ou trop compliqué ?

On ne va pas le plaindre

Pour commencer cet andouille est volontaire.
Pour finir sa douleur aura une fin.

Nous on n'a pas choisi et on est parti pour encore pas mal d'années (et ça c'est la version positive).

j'ai découvert à l''occasion l'existence d'une échelle de la douleur spécifique aux piqûres d'insectes, l'index Schmidt

Pour résumer la vidéo (bande son anglaise): ce youtuber a testé le venin d'une espèce de fourmis, visiblement assez efficace pour repousser d'éventuels agresseurs à sang chaud.



Le gars a tout de même fini à l'hôpital après un semi coma.

Qui a dit qu'on ne savait plus s'amuser ?

jeudi 7 août 2014

Un été hivernal

Quand l'été est si triste qu'il en refroidi les coeurs et les articulations, on ne sait plus si marcher seul est un moment de paix ou de simple solitude, ni si les souvenirs sont source de réconfort ou de désespoir.

Et la voix glacée de Traja sur Fibradio.





dimanche 3 août 2014

Sophrologie niveau 1


Le magazine Biba a pondu un article court et sympa sur la sophrologie, pas mal en apéritif.

Vous aurez l'article en cliquant sur la photo de couverture.

Reste en suspend cette question existentielle soulevé par l'article: est ce bien nécessaire de faire un séance de sophro assis sur un coussin qui flotte dans une piscine ?




Les magazines féminins ont des couvertures faites pour les hommes ou quoi ?

les grandes douleurs sont muettes ?

Billevesée de la douleur rédemptrice


Moi qui ai quelquefois, dans ma prime jeunesse, éprouvé des douleurs intenses, rarement il est vrai, j’en ai tiré une certaine détestation de la maxime « Les grandes douleurs sont muettes » en me disant que si son crétin d’auteur avait eu, un jour, rien qu’une fois, vraiment très mal, il n’aurait pas dit cela ! Jusqu’à ce que, il y a quelques années seulement, je tombe sur le texte original ; il s’agit de Sénèque, dans sa tragédie Phèdre - Hyppolite :
Phèdre : Les peines légères sont éloquentes, les grandes douleurs sont muettes.
(Curae leues locuntur, ingentes stupent.)

Hippolyte : Ô ma mère, confiez-moi vos chagrins.
(Committe curas auribus, mater, meis.)

Je compris donc enfin, avec 50 ans de retard, qu’il s’agissait des douleurs morales !
Car les souffrances physiques, c’est autre chose ! Tout professionnel de santé a dans l’oreille les gémissements ou hurlements de malades souffrants et....



http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-mathis/020814/billevesee-de-la-douleur-redemptrice